On parle souvent de procrastination (l’art de remettre au lendemain), mais connaissez-vous la PREcrastination ? A l’inverse, la précrastination est l’art de tout faire à l’avance, mais est ce pour autant plus bénéfique ?

Je me suis en effet interrogée sur ce phénomène me sentant moi-même concernée.

Certes, comme tout le monde, je n’échappe pas à la règle et il m’arrive de PROcrastiner ! Comme toute bonne organisatrice qui se respecte, j’ai ma liste de tâches pas très plaisantes à faire, et je préfère parfois m’atteler à faire la 3e tâche de la liste pour éviter de faire la 1ère !

Ceci étant, cela ne vous arrive jamais de vous interrompre dans la réalisation d’une tâche pour vous consacrer à une autre (généralement rapide à faire), en vous disant « Comme ça ce sera fait », et pour vous la sortir de la tête ?

Moi oui ! Plus particulièrement à mon travail. L’exemple le plus flagrant concerne le traitement de mes mails professionnels. Etant donné que j’ai une petite fenêtre en bas à droite de mon écran qui s’affiche quand je reçois un mail, je m’interromps dans ce que je suis en train de faire pour lire le mail, éventuellement y apporter une réponse si celle-ci est rapide, puis je le classe. Et enfin je retourne à ma tâche initiale, où je ne suis pas à l’abri de faire des erreurs puisque je me suis distraite et qu’il faut que je retrouve le fil de ce que je faisais.

Je suis à chaque fois sidérée par ma collègue de travail qui ne lit ses mails que ponctuellement. Cela s’est produit encore l’autre jour : nous avions reçu un mail commun à 10h, elle m’en a parlé à.. 15h. Vous vous doutez bien que de mon côté, j’avais déjà pris connaissance du mail à 10h01 ! Mais au final, je me dis que c’est elle qui a raison. Pour elle, lire ses mails est une tâche à part entière à laquelle elle consacre un moment une, deux, trois fois par jour, elle ne se laisse pas distraire et reste concentrée sur ce qu’elle fait le reste du temps (malgré la petite fenêtre qui s’affiche en bas à droite !).

Autre exemple : je m’apprête à m’attaquer à une nouvelle tâche, or je reçois un appel. On me demande de faire une analyse, mais ce n’est pas spécialement pressé, cela peut même attendre 24h. Je sais que cela ne va pas me prendre beaucoup de temps, du coup je m’empresse de réaliser l’analyse demandée afin de « me la sortir du cerveau ». Voilà qui est fait !

Les exemples ne manquent pas à mon travail, mais il m’arrive également de temps en temps de précrastiner chez moi ! Je m’y suis surprise l’autre jour : j’étais en train de ranger mon linge quand je me suis dit « Tiens en attendant je vais aller faire bouillir de l’eau pour cuire des pâtes ». Je me suis interrompue, suis allée de la chambre à la cuisine pour faire le nécessaire, et suis retournée de la cuisine à la chambre pour continuer ce que j’avais à faire. L’idée en soit n’est pas mauvaise si le linge à ranger était semblable à une pile incalculable de vêtements ! Le temps aurait ainsi été optimisé. Sauf que je n’avais pas grand-chose à ranger, cela m’a pris tout au plus 5 minutes. Pas sûre donc que mes allers-retours à la cuisine aient été si bénéfiques. Mais au moins, j’avais fait de la place dans mon cerveau en me débarrassant de la tâche.

Comme dirait Cory POTTS, chercheur en psychologie,

on tire du plaisir à penser que « Ça, c’est fait ! ».

En menant ma petite enquête sur le sujet, je me suis rendue compte que je devais être « normale », puisqu’une étude a été menée par des chercheurs de l’état de Pennsylvanie : deux seaux ont été placés sur un chemin. Les sujets testés devaient en prendre un des deux et l’apporter à un point d’arrivée, de la manière la « plus facile » pour eux. La très grande majorité a saisi le premier seau présent sur leur chemin. « Pour en avoir fini le plus vite possible », ont-ils expliqué aux chercheurs pour justifier leur choix, même si cela leur demandait plus d’efforts physiques (il portait de ce fait le seau sur une plus longue distance).

Par ce biais, on soulage ainsi notre charge mentale.

Le bénéfice psychologique l’emporte sur le bénéfice physique.

Mais l’enquête montre également que PREcrastineurs et PROcrastineurs sont parfois les mêmes ! Cory POTTS notre en effet « qu’en se saisissant d’une tâche plus tôt nous croyons avoir accompli quelque chose. Or, en réalité, nous avons repoussé ce que nous avions prévu d’effectuer ! ».

Et là, prise de conscience : le fait que je me débarrasse de certaines petites tâches rapides est en fait pour moi une manière détournée de procrastiner et de remettre à plus tard des tâches plus longues ! Et ben ça alors… Je ne l’avais pas vu sous cet angle ! C’est vrai qu’en y réfléchissant, cela me permet parfois de repousser une tâche qui, je le sais, va me prendre 2h. Alors que lire un mail, ça me prend 5 minutes, et j’ai eu l’impression d’avancer.

Mais alors, comment remédier à tout ça ?

On en revient toujours au même : la bonne liste de tâches à faire !

L’idéal est dans un premier temps de lister tout ce qu’on a à faire, puis ensuite de les classer par ordre de priorité.

Si ces tâches vous démotivent, il est alors conseillé de les fractionner. Par exemple, « faire le ménage » peut englober beaucoup de choses et vous paraître insurmontable. Vous pouvez alors décomposer en « Nettoyer la salle de bain », « Faire la poussière », « Laver le sol », etc. Vous aurez ainsi davantage un sentiment d’accomplissement.

Que l’on PROcrastine ou que l’on PREcrastine, un seul mot d’ordre : se tenir à cette liste et aux priorités que l’on s’est fixé !

Et vous ? Est-ce que vous avez tendance à vouloir aussi alléger votre charge mentale en voulant tout faire tout de suite ? 🙂

2 thoughts on “La PREcrastination : l’art de tout faire tout de suite

  1. Waouhhhhhhh, j’ai adoré ton article !!! Très juste, très pertinent et tellement parlant pour moi aussi !!! 🙂
    Merci beaucoup pour ce partage. 🙂

    Bisous et belle fin de semaine à toi !!! 🙂

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